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Évangile de Jean 16 V.20-23a

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : vous allez pleurer
et vous lamenter, tandis que le monde se réjouira ; vous serez dans la peine, mais votre peine
se changera en joie. La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée.
Mais, quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de sa souffrance, tout heureuse qu’un être
humain soit venu au monde. Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous
reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera. En ce jour-là,
vous ne me poserez plus de questions. »
Commentaire :
Avec ce passage nous sommes toujours dans le mouvement de la promesse. Le texte est au
futur.
-En ce temps-là : Ce rajout ne se trouve que dans la traduction liturgique. C’est une
introduction à un passage des évangiles. C’est le temps de Jésus.
-Amen-Amen, En vérité-En vérité : Ces mots sont employés quand Jésus va dire une parole
importante, il va répéter ces mots, c’est un appel, une insistance à quelque chose de
fondamental.
-Lamentation, peine, souffrances : en regard le mot Joie.
Cela nous fait penser aux Béatitudes Lc 6 v 20-26. Ce passage se situe juste avant la Passion.
Jésus va vivre un temps très dur mais ses disciples aussi.
L’opposition entre les termes évoque un décalage avec ceux qui ne sont pas dans la peine.
C’est ce que nous avons déjà pu ressentir quand nous vivons quelque chose de difficile, que
les autres ne connaissent pas, ne comprennent pas. Le monde semble alors vivre dans
l’inconscience de ce qui se vit pour Jésus. Le monde n’est pas au diapason de cette tristesse.
« Vous êtes du monde et pas du monde ».
Mais on nous offre autre chose que la peine, la tristesse, la douleur, on nous offre quelque
chose qui relève de la Vie.
- Le monde :
Dans Saint Jean ce mot a plusieurs sens : c’est à la fois, celui de la création (séparation dans la
Genèse…), c’est aussi celui du mauvais (confusion de Babel) ; en même temps c’est celui que
Dieu aime « Il a tant aimé le monde qu’il a envoyé son Fils » et celui où nous avons à
témoigner de l’amour et de la vie du Christ.
Le monde est aussi en nous dans cette opposition qui nous traverse.
-Image de l’enfantement :
La femme qui accouche passe par la souffrance et ensuite la joie d’avoir mis au monde un
enfant. On ne s’arrête pas à la souffrance. On va vers la joie de la rencontre. C’est une
promesse. Cela touche aussi le plus intime de nous-mêmes. Ce texte nous renvoie à d’autres
passages quand Jésus est touché jusqu’aux entrailles, ému, bouleversé (Lazare). Ce passage
est très charnel, très humain et très beau. Ce texte nous évoque aussi celui de Jésus avec
Nicodème quand Jésus lui dit : « Il faut renaître d’en haut ».
C’est une question charnelle, d’engendrement comme la Passion et la Résurrection de Jésus.
C’est ce à quoi nous sommes appelés à vivre : à naître pour s’approcher de Dieu mais aussi de
tout être humain. Paul dans sa lettre aux Romains chapitre 8 v.22 nous dit : « Nous le savons
en effet : la création tout entière gémit maintenant encore dans les douleurs de
l’enfantement ; Elle n’est pas la seule ; nous aussi qui possédons les prémices de l’Esprit,
nous gémissons intérieurement, attendant l’adoption, la délivrance pour notre corps… ».
-La Joie :
Elle est le fruit de l’Esprit, ce que Jésus va nous révéler. Il faut un temps de maturation C’est
un chemin, un processus, comme une grossesse, chaque étape est importante.
La joie est liée à la vraie vie, celle qui rend l’autre vivant et soi-même vivant...
C’est une joie très profonde, qui nous transforme.
« Je vous reverrai et votre cœur se réjouira » :
Il ne dit pas « vous me verrez de nouveau » mais « je vous verrai de nouveau » : c’est Dieu
qui précède le désir de l’homme.
« Je suis le chemin, la Vérité, la Vie » : la joie est le résultat de la fidélité à la Vérité et en
conséquence, cette joie, personne ne pourra nous l’enlever. Dans le Ch. 14 Jésus nous dit :
« que votre joie soit parfaite ». Elle ne peut l’être que si elle découle de celle de Jésus.
-Ce jour-là :
Cela fait écho au v.25 : « l’heure vient où je ne vous parlerai plus ».
Nous entrons dans un autre temps, celui du Royaume de Dieu qui viendra. Mais nous savons
aussi que ce royaume est déjà là. Nous vivons déjà des petits bouts de plénitude, nous
connaissons déjà des moments du royaume, où nous sommes et où nous seront consolés.
C’est le temps de nos petites résurrections mais c’est aussi le temps du présent ; du
maintenant, où tout est en train de germer. Jésus prend souvent ces comparaisons et utilise des
paraboles où la semence germe en silence. La présence de Dieu n’est pas toujours visible mais
elle laisse des traces. Mystère de l’avenir de celui que l’on met au monde.
« Vous ne me poserez plus de question » : parce que vous aurez compris, non pas dans le
savoir mais dans la « co-naissance ». Jésus aura tout donné, les disciples auront tout compris.
A nous de croire en la vie qui surgit et à la promesse des Béatitudes.
Groupe "Sur les chemins de l'Evangile"

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