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« Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns
les autres » (Jn 15, 12-17)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
12 Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.
13 Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.
14 Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande.
15 Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je
vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître.
16 Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous
alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous
demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera.
17 Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres.
Commentaire :
Ce passage d’Evangile, testament de Jésus, est encadré par l’injonction : « Aimez-vous les
uns les autres ».
Nous nous sommes arrêtés sur le sens de plusieurs mots ou expressions.
Commandement :
Cela peut évoquer le fait de passer une commande, c'est-à-dire demander une chose dont
on a besoin.
Est-ce le sens commun du commandement, c'est-à-dire de la Loi (ce que l’on doit faire), du
devoir ? Cela nous renvoie aux 10 commandements.
En réalité il s’agit de la notion de Parole, de la Parole de Dieu. Ce mot découle d’un verbe
hébreu « Tello » qui signifie accomplir, faire naître.
Dans l’Ancien Testament, les dix «commandements » ou 10 paroles sont exprimées au futur,
elles évoquent une promesse de ce que l’homme est et est appelé à être (temps de
l’inaccompli en hébreu c'est-à-dire qui est mais qui n’est pas terminé). Cela rejoint notre
réflexion sur « le chemin ». Le rabbin et philosophe Marc-Alain Ouaknin parle de
« recherche » dans ses écrits.
Le commandement est la Parole qui nous fait naître, nous met en chemin vers un
accomplissement.
Tu aimeras ton prochain :
Nous retrouvons cette phrase dans le premier testament dans Lévitique 19 V.18. Ce passage
est précédé des phrases : « N’aie aucune pensée de haine contre ton frère mais n’hésite pas
à réprimander ton compatriote (nous avions vu qu’il s’agit aussi de l’étranger qui vit sur le
même sol que nous !) pour ne pas te charger d’un péché à son égard ; ne te venge pas et
ne sois pas rancunier à l’égard des fils de ton peuple ; c’est ainsi que tu aimeras ton
prochain comme toi-même, c’est moi, le Seigneur »
C’est un commandement mais Jésus va rajouter : « Comme je vous ai aimés ».
L’exigence est encore plus grande et en même temps nous pouvons savoir comment !
Comment nous a-t-il aimés ? Dans tout ce que nous sommes de beau et de laid. Sans
réserve. Jusqu’à la mort.
Ce qui pose la question du pardon.
Et de notre relation à celui que nous n’aimons pas : nous sommes appelés à changer notre
regard sur lui et sur nous pour nous transformer. L’amour dans l’intimité de Dieu est chemin
de conversion.
Aimons nous nous-mêmes, soyons en capacité de nous questionner sur notre essentiel, sur
comment faire pour aller vers l’autre sans risquer de se perdre. C’est se mettre en chemin.
Il n’y a pas de plus grand amour que celui qui se dessaisit de sa vie : il s’agit de déposer
sa vie comme le vêtement que Jésus a quitté pour laver les pieds de ses disciples (Il s’est
fait serviteur). C’est le dépouillement complet au service des autres. C’est un lâchez prise
pour ne pas passer à côté de l’essentiel.
Je ne vous appelle plus serviteurs mais amis :
Comme le disait François Varillon, Jésus s’est « humanisé » pour nous diviniser, c’est un
appel, c’est la démarche qui compte et en même temps il dit : « Je vous ai choisis » cela
nous est donné, on est choisi pour aimer, pour porter du fruit (on ne peut pas créer si l’on
n’aime pas, cela est vrai aussi pour l’artiste). On va cheminer vers une éternité d’amour et ce
n’est jamais acquis.
Tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître :
C’est une phrase charnière, ce qui fait le plus profond de nos vies. Il n’y a qu’à un ami qu’on
peut le dire. C’est ainsi que Jésus nous partage ce qui fait sa relation au Père.
Cela nous fait penser à d’autres phrases de l’Evangile : « Le Père qui demeure en moi
accomplit ses propres œuvres…Je suis dans le Père et le Père est en Moi. ».
Toutes ces paroles nous font aussi percevoir que par Jésus le Père est en nous. C’est une
relation d’intimité à laquelle nous avons part.
Et en même temps c’est une dimension collective, de communion « on vous reconnaîtra à
l’amour que vous avez les uns pour les autres ». Tous les êtres humains aspirent à cela.
Notre regard sur l’autre change grâce à l’intimité que nous avons avec Dieu. Chacun est en
quête de trouver sa part d’humanité. Comme le dit Sœur Emmanuelle « Si tu fends le cœur
de l’homme tu trouveras un soleil » (attitude de Jean- Paul II avec son assassin, attitude de
l’avocat qui regarde le positif de la personne à défendre). C’est là l’essentiel de l’Evangile.
Que vous portiez du fruit, que votre fruit demeure :
C’est l’image de la vigne : le Père est le vigneron, Jésus est la vigne et nous sommes les
sarments, c'est-à-dire les pousses de l’année. Il faut les soigner pour entretenir le fruit. On
ne porte pas de fruit lorsque l’on est trop préoccupé par autre chose que d’aimer.
Comment l’Amour peut-il demeurer ?
Dans un couple nous pouvons apprendre à donner de l’amour autrement, à regarder l’autre
autrement…
Un lien d’amour peut être conservé, exemple des divorcés qui conservent un lien d’amour
(d’amitié) pour que leurs enfants grandissent dans la paix. Si nous vivons dans la réciprocité
avec Jésus nous pourrons vivre dans la réciprocité avec l’autre mais c’est toujours un
chemin, jamais un acquis.
Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, Il vous le donnera :
Osons demander !
Et nous demandons chacun :
Je demande la force de préserver, dans les mois qui viennent, cet espace de réflexion,
d’échanges, d’intimité avec le Seigneur que je n’avais plus depuis ma préparation au
Baptême ainsi que ces temps d’échanges qui sont pour moi respiration et ressourcement.
Je souhaite continuer à expérimenter encore ce temps d’abandon total où je me dessaisis et
où je savoure le quotidien.
Ce confinement est pour moi une chance pour se poser, vivre une paix intérieure. Il faudra
conserver cela et faire des choix par rapport aux contraintes sociales. Tout en étant solidaire.
Ce temps a été pour moi un temps de pause face à l’ampleur de la tache sociale et aux
multiples sollicitations que nous avons avec mon mari, que j’ai pu retrouver, c’est un cadeau
merveilleux.
Groupe sur les chemins de l’Évangile

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