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Jésus nourrit une grande foule

En ce temps de confinement, notre communauté « Sur les chemins de l’évangile », actuellement « dispersée » dans nos « chez-nous » respectifs, s’est malgré tout « rassemblée » plusieurs fois avec les moyens qui nous sont donnés pour rester en lien (téléphone, sms, visio-conférence …).
La lecture de ce texte, que nous avons partagée, nous a permis de nous « arrêter », ensemble, pour entrevoir une eucharistie qui est destinée à tous. L’Eucharistie qui est « action de grâce », nécessite, pour chacun, de savoir marquer un temps de pause pour pouvoir y goûter pleinement. Jésus lui-même, prend le temps de s’assoir avec ses disciples après avoir gravi la montagne.
Dans ce passage, la foule suit Jésus, parce qu’elle a vu les signes qu’il avait accomplis sur les malades. Elle est en attente d’autres signes. Elle a « faim » de quelque chose…
Jésus « lève les yeux au ciel et voit une grande foule… », il fait attention à la foule, il y est attentif, il la porte en lui. Il la fait assoir, dans un lieu avec beaucoup d’herbe - comme un berger plein de sollicitude le ferait avec les brebis de son troupeau - et il va faire en sorte de la nourrir …
Jésus est à l’initiative des actions qui vont se dérouler dans ce passage.
Jésus interpelle Philippe : Où achèterons des pains pour qu’ils aient de quoi manger ?
Mais c’est finalement grâce à l’attention d’André, portée sur un jeune homme (un enfant) qui a seulement 5 pains et 2 poissons que Jésus va accomplir le signe.
Nous avons été interpelés par le fait que la nourriture vient de celui qui est petit, de celui que l’on n’attend pas ; et c’est par l’action de grâce de Jésus, que ce « peu » de nourriture est multiplié et devient « festin », au point qu’il en reste 12 paniers remplis.
De plus, cette nourriture, qu’il est initialement question « d’acheter » (ce qui induit des limites), devient finalement un don infini.
« Alors Jésus prit les pains, il rendit grâce et les distribua aux convives »
La lecture de ce texte fait penser à l’eucharistie. « Rendre grâce » = eucharistie. Jésus ne bénit pas il rend grâce c’est beaucoup plus fort. Il se donne lui-même en donnant le pain.
Jean fait sans doute référence à « la cène », une cène pour « tout le monde ».

Nous avons noté un changement d’identification de « la foule » dans ce passage. Si, au départ Jean parle d’une « grande foule », c’est bien à des « convives » que Jésus distribue le pain. Ces convives sont des invités, invités à partager un festin, un festin composé de la nourriture quotidienne, simple et essentielle, de l’époque en ce lieu, le pain et le poisson. Nous sommes tous invités à la table du seigneur.
En nous attardant un peu sur quelques chiffres mentionnés dans ce passage, nous avons notamment identifié le chiffre 5, pour « 5 pains ». Ce chiffre fait référence au Pentateuque, c’est le chiffre de la « loi du Seigneur ».
Ce sont ces 5 pains multipliés par Jésus qui sont offert en nourriture à la foule rassemblée.
Sur un plan plus spirituel, nous pouvons ainsi observer que Jésus nourrit la foule avec la « Loi du Seigneur », une nourriture essentielle qui n’est plus « mesurée » comme la nourriture terrestre.
Le chiffre 12, que nous retrouvons au verset 13 « Ils les rassemblèrent et remplirent douze paniers » peut faire référence aux 12 apôtres, aux 12 tribus d’Israël, dans l’idée d’une universalité, un peuple tout entier.
Comme cela se passe en Galilée, région où il y a plusieurs peuples de toute origine (Galilée des nations) ce texte présente un aspect universel de ce don de Dieu.
L’attention de Jésus, portée sur ces « restes » est également pleine de sens.
Il y a plus de pain que ce dont les invités présents ont besoin, il y a aussi du pain pour ceux qui ne sont pas là. Il y a toujours de la place « à table », et toujours de quoi manger, ce qui nous renvoie à la « générosité » de Dieu envers tous les hommes, présents et absents.
Les restes de repas ne sont pas « ramassés » mais « rassemblés ». C’est Jésus lui-même qui demande qu’on « rassemble les morceaux qui restent » comme on « rassemble un peuple ». Chaque morceau a une valeur, chacun d’entre nous à une valeur.
Toutefois, cette foule qui a été nourrie largement, qui était présente au moment du « signe », n’est pas « transformée ». Cette foule qui a mangé le pain et a été rassasiée, demandera plus tard un nouveau signe à Jésus. Et lorsque Jésus parlera du « pain de vie », nombreux seront ceux qui se détourneront du chemin que Jésus leur propose.
Il en va de même avec la nourriture spirituelle, nous pouvons « entendre » la parole et néanmoins passer à côté de la foi profonde. Il nous faut toujours recommencer le « chemin » de foi pour continuer à avancer. L’eucharistie est un sacrement pour la route.
En cette période troublée, alors que nous sommes confinés dans nos « chez nous », nous constatons que de nombreuses personnes nous permettent aujourd’hui de continuer à vivre malgré tout.
Qu’il s’agisse de nos personnels soignants, de nos éboueurs, des hôtesses de caisses dans les supermarchés, des enseignants, ces personnes, souvent « peu considérées » dans notre société, sont celles qui nous permettent malgré tout de vivre.
Alors que les initiatives se multiplient partout dans nos régions, des boulangers « donnent » leur pain à ceux qui en ont besoin, des fleuristes fleurissent les tombes de nos morts gratuitement, des soignants se donnent sans compter pour sauver les vies qu’ils peuvent ; notre société est amenée à constater que nous pouvons fonctionner autrement.
Mais serons-nous suffisamment transformés, à l’issu de ce confinement ?
Il en va de même avec le manque « spirituel », l’absence d’eucharistie en église, notre impossibilité de nous réunir et de nous serrer dans les bras, l’impossibilité physique de faire église.
Ce manque nous transforme-t-il dans notre chemin de foi ?
Groupe Foi : "Sur les chemins de l'Evangile"

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