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« Après la multiplication des pains... »

Après le signe de la multiplication des pains et la marche sur la mer, la foule recherche Jésus, le '' Rabbi''. La 1ère explication de Jésus ne leur a pas suffi. Ils veulent donc comprendre « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir et te croire ? »
Le malentendu entre la foule et Jésus persiste. La foule avait suivi Jésus pour entendre un prophète. La multiplication était sans doute pour beaucoup, quelque chose de naturel : la faim se faisait sentir. Les gens n'ont pas cherché à savoir d'où venait ce pain. La foule n'a donc pas vu le Signe et donc pas compris, tout comme les hébreux au désert ont vu dans la manne, la main de Moïse et non le don de Dieu. Le don de Dieu n'est jamais compréhensible au 1er regard.
On retrouve donc, comme d'autres fois dans l’évangile de Jean le Voir et croire. Ils veulent voir pour croire. Faut-il d'abord voir pour se questionner ? Pourtant, ne peut-on voir davantage si on commence d'abord par croire ?
Comme toujours, Jésus déplace le questionnement de la foule sur un autre domaine.
Quand il parle du « pain venu du ciel », Jésus utilise, en 2 versets, 5 fois le mot pain. (Le nombre 5, on l'a vu vendredi dernier, est le chiffre de la loi). Il se définit ainsi lui-même comme la nouvelle loi, parole vivante de Dieu : le pain de Dieu qui donne la vie au monde. Et expression de son amour pour chacun.
Jésus nous révèle quelque chose de son intimité au Père. « MOI, JE SUIS le pain de la vie ». On entend Dieu dire à Moïse au buisson ardent « JE SUIS »
« Mon Père donne le VRAI PAIN ». Dans l'évangile de Jean, nous trouvons souvent la « vérité » (45 fois semble-t-il). Ici, Jésus parle de « vrai pain ». Il faut se rappeler que Jean est très marqué par le style d'écriture des livres sapientiaux et apocalyptiques que l'on trouve dans la Bible (La Sagesse, le livre de Daniel, Siracide, Job..).
Pour lui, la Vérité, c'est la révélation de Dieu qui s'est faite totalement en Jésus, mort et ressuscité et donne vie aux croyants par l'Esprit « livré ». Ainsi les croyants ont accès à la connaissance et à une vie nouvelle nourrie par la relation du Père au Fils dans l'Esprit. En conséquence, notre foi ne peut qu'être alimentée par la Parole de Dieu, par l'amour, par la vie relationnelle. « Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie »
Si la foule commence à comprendre, elle est encore à côté : « donne-nous de ce pain-là toujours ». On exige de Dieu sa fidélité à sa Parole. Mais notre fidélité à sa Parole, où est-elle ?
La dernière phrase de Jésus « Celui qui croit en moi n'aura plus jamais soif » fait penser à l'évangile de la Samaritaine dans lequel on peut lire une phrase similaire au sujet de l'eau, un élément aussi vital que le pain.
Est-ce pour autant que nous n'aurons plus jamais faim, plus jamais soif ? Si oui, comment ?
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Connaître Jésus ne nous empêche pas de douter, de ne pas comprendre, d'être en colère, mais cela nous permet de toujours retrouver la source pour étancher notre soif ou apaiser notre faim. Cela suppose un double mouvement : « Qui vient... », « Qui croit... » Il faut d'abord venir librement vers Jésus, pour pouvoir creuser en soi-même et pouvoir mieux aller vers l'Autre.
Notre foi ne peut donc demeurer dans une expérience individuelle mais elle doit s'inscrire dans une démarche collective.
Aujourd'hui, confinés, en creusant en nous « notre puits », nous faisons l'expérience d'autres faims : un manque relationnel, un manque de sacrements pour certains. Nous avons faim de contacts, de rassemblements : nous aspirons à nous retrouver de nouveau en communauté. Cette faim nous redonne peut-être envie d’Église ?
Des rencontres « virtuelles » nous ont permis de vivre ce manque autrement. La « Parole » de Dieu partagée ensemble à plusieurs reprises a renforcé notre lien communautaire, a nourri notre foi, notre creusement intérieur.
Ce manque nous a rapprochés, en lien de cœur et de prière, de l’Église du silence, des Églises du Moyen Orient.
Que cette parole soit Pain de vie pour tout homme, pour les plus vulnérables touchés par la crise, pour ceux des périphéries, et pour nous...

Groupe Foi : "Sur les chemins de l'Evangile"

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