Dernière mise à jour le .

« Un seul cœur et une seule âme » (Ac 4, 32-37)

Mardi 21 avril
Première Lecture
« Un seul cœur et une seule âme » (Ac 4, 32-37)
32 La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ; et personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun.
33 C’est avec une grande puissance que les Apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et une grâce abondante reposait sur eux tous.
34 Aucun d’entre eux n’était dans l’indigence, car tous ceux qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons les vendaient,
35 et ils apportaient le montant de la vente pour le déposer aux pieds des Apôtres ; puis on le distribuait en fonction des besoins de chacun.
36 Il y avait un lévite originaire de Chypre, Joseph, surnommé Barnabé par les Apôtres, ce qui se traduit : « homme du réconfort ».
37 Il vendit un champ qu’il possédait et en apporta l’argent qu’il déposa aux pieds des Apôtres.

Nous avons retenu la 1ère lecture de ce jour parce que celle-ci nous rejoint dans l'intention du premier verset : " La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme". C'est un peu ce que nous vivons aujourd'hui en union de pensée depuis nos lieux de confinement et nous pouvons même parler de "communion" vécue lors de nos célébrations domestiques.
Les Actes des Apôtres nous présentent ici de quelle manière se sont constituées les premières communautés chrétiennes et autour de quels élans des hommes et des femmes ont décidé de se mettre en route dans les pas du Christ, sans l'avoir physiquement accompagné. Et c'est bien dans cette démarche que les 1er chrétiens nous rejoignent puisque nous sommes à leur image "bien heureux de croire sans avoir vu".
La charité décrite par Luc "Ils avaient tout en commun et « on le distribuait en fonction des besoins de chacun" nous interpelle. Le texte présente une radicalité dans l'engagement des uns envers les autres qui souhaite ne laisser personne au bord du chemin lorsque l'universalité du message du Christ reconnaissant un frère dans l'esclave et le démuni passe par cette nécessaire mise en commun.
Cette charité radicale des premières communautés est confiée aux Apôtres "ils apportaient le montant de la vente pour le déposer aux pieds des Apôtres". Ceux-ci redistribuent alors à leur tour le fruit de ces biens et envoient des disciples comme Barnabé dans le monde afin d'asseoir l'élan missionnaire de l'Eglise naissante.
Notre engagement de chrétien aujourd'hui se déplace dans le regard que nous portons à l'autre, l'exclu, le pauvre, notre frère en humanité, croyant ou pas. Nous pouvons alors nous interroger, plus particulièrement au regard de cette lecture "En faisons-nous assez ? Quelle mission, quelles solidarités à inventer ?"
Dans cet appel à faire une place à l'autre, nous ne sommes pas seuls. La communauté, à la lumière de la Parole partagée, nous accompagne. En Eglise, comme les Apôtres, nous portons la responsabilité de témoigner du message du Christ, par nos actes et notre être, dans la société qui nous entoure.
Au-delà de ces interrogations, le message de Pâques est central dans ce passage rédigé par Luc. Entre deux évocations sur les conditions matérielles de la communauté, il est écrit que "la puissance du témoignage des Apôtres sur la Résurrection du Christ porte du fruit en apportant une grâce abondante sur nous tous".
L'Esprit Saint souffle en abondance sur nos vies et nous éveille à la Parole.
Pâques est un passage, un chemin de conversion nous invitant à nous recentrer sur l'essentiel. Dépositaires et non plus propriétaires, nous sommes appelés en bon intendant à gérer et faire fructifier ce qui nous est donné. A chacun de nous, de nous positionner sur ce qui est notre essentiel et notre superflu et sur ce que nous souhaitons en faire.
Pâques est un évènement fondateur : Christ est VIVANT, la vie est plus forte que la mort. L'amour l'emporte sur la haine ouvrant ainsi à tous les hommes une perspective, une libération, un avenir. Il y eu un avant, il y eu un après, une multitude peuplée d'hommes et de femmes qui ont témoignés et proclamé la Bonne Nouvelle, empruntant pour certains des chemins ardus de sainteté.
De même, aujourd'hui il y aura un avant cette crise et un après. Puisse la lumière de Pâques éclairer cet après en nous ouvrant les yeux sur ce qui nous enchaîne.

Marie Bérénice et Pierre

Pingbacks

Les pingbacks sont fermés.

Commentaires

Les commentaires sont fermés.