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Résurrection du Seigneur année A

Christ est ressuscité, il est vivant, alléluia. Même si ce n’est pas en étant rassemblé à l’église, voilà ce que nous avons commencé de chanter en veillant dans la nuit de Pâques, que nous chantons maintenant en plein jour et que nous chanterons avec une particulière intensité tout ce temps liturgique de Pâques qui dure 7 semaines jusqu’à la Pentecôte.
Mais l’événement qui provoque notre chant et notre joie s’est passé de nuit. Nous sommes le matin de Pâque, le jour monte. Comment saisir, comment interpréter, comment comprendre ce qui s’est passé de façon cachée ? Quelles conséquences tirer de cet événement ? C’est par la médiation des Évangiles que nous pouvons faire ce travail, hier Matthieu, aujourd’hui Jean. Nous pourrions aussi regarder du côté de Marc ou de Luc.
Les 4 évangélistes ont en commun de parler de Marie Madeleine (de Magdala) comme témoin de la résurrection. Ils ont également en commun de ne pas décrire l’événement mais de rapporter le témoignage de ceux qui ont constaté que le tombeau était vide puis qui ont été en présence du ressuscité et qui ont cherché à interpréter cette rencontre. C’est à travers ces récits que nous recevons le matériau qui va nous permette à notre tour d’interpréter cet événement insaisissable et de le comprendre pour en vivre. Je fais ce travail à partir de l’Évangile de Jean.
Le témoignage commence par le mouvement, de bon matin, d’une femme, Marie Madeleine, conduite intérieurement par le désir d’apporter un soin au corps de Jésus. Elle constate que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle décide alors d’aller en parler à Simon-Pierre et à l’autre disciple. Elle court et nous pouvons imager que, tout le temps du trajet, elle cherche à comprendre. Cela se traduit par ce qu’elle dit à ceux qu’elle est venue trouver : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. » Elle n’est pas entrée dans le tombeau. Par conséquent, elle traduit le fait qu’on a enlevé la pierre par le fait qu’on a enlevé Jésus. Elle avoue également son ignorance. Enfin, ce premier témoignage se fait à distance du tombeau, déjà. Une femme et non un homme, une démarche d’amitié qui devient une course, une ignorance avouée, une distance. Le récit de la résurrection est construit, voulu pour ne pas s’imposer à nous et nous conduire ailleurs. Mais où ? La suite va nous donner une réponse.
C’est le 2ième temps de ce récit. A nouveau une course ou plutôt deux mais à des vitesses différentes. Le premier arrivé se penche, regarde mais n’entre pas. Le second, Pierre, entre, regarde également. Il voit la disposition des linges sans rien en penser. Le premier arrivé entre alors, « il voit et il croit ». Il passe de la vue à la foi qui est le fil conducteur de tout l’Évangile de Jean, qui est ce pourquoi les récits de la résurrection ont été conçus. Ce 2ème temps confirme l’intention de l’évangéliste, nous donner ce qui va permettre à toute époque et en tout lieu d’entrer dans le mouvement de la foi : je peux voir mais les objets ne suffisent pas. Ils sont un signe pour nous conduire à la foi.
Le 3ème temps nous donne la clé qui nous permettra d’assurer notre foi et de l’approfondir. Cette clé, c’est l’Écriture : « Les disciples n’avaient pas compris que, selon les Écritures, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. » C’est elle qui nous permet d’entrer, à partir d’un événement dont sont témoins des femmes d’abord puis les disciples, dans la foi en la résurrection de Jésus-Christ.
Par conséquent, la foi en la résurrection du Christ n’est pas un savoir qui s’appuierait sur des preuves matérielles irréfutables. Elle a son origine dans le soin que des femmes veulent apporter à un corps inerte. Elle grandit dans le mouvement et dans les questions provoquées par une pierre roulée de côté, des linges sans corps puis la présence même du ressuscité qui se manifeste à quelques-uns, choisis pour cette mission d’être témoin. Elle fait place aux émotions, à l’ignorance, aux interrogations, aux échanges. Elle attend notre réponse qui est un choix libre, qui dépasse ce que nous pouvons voir, dont nous pouvons être certain. Les Ecritures sont l’élément tangible et intelligible qui nous permet en comprenant le mouvement de la fonder, de l’enrichir et de l’accomplir dans la joie de la présence du ressuscité et dans l’engagement à vivre selon l’Évangile qui nous conduit à sa présence. Dans l’Eucharistie dont nous sommes actuellement privés, nous célébrons le même mouvement.
Dans le passage du voir au croire, il n’y a pas de certitude, il y au contraire un abandon confiant qui est le même que celui qu’à fait Jésus en donnant sa vie sur la Croix, le même qui l’a conduit à mettre sa confiance en Dieu son Père, à se remettre entre ses mains. Cet abandon est un choix, encore une fois, libre et qui rend libre. C’est un passage, c’est la Pâques du Seigneur. Christ est resuscité il a vaincu la mort, Alléluia.
« O nuit de quel éclat tu resplendis ! La mort n’a pu garder dans son étreinte le Fils unique. Jésus repousse l’ombre et sort vainqueur : Christ est ressuscité ! Mais c’est en secret, et Dieu seul connaît l’instant où triomphe la vie. » (Hymne de Pâques, cfc)

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