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Jean, chapitre 1, Lazare retrouve la vie

Quelques mots sur l’évangile de ce 5ième dimanche de Carême : Jésus rend la vie à un mort, son ami Lazare.
Ce récit pose plusieurs difficultés. La première et la plus spectaculaire est la sortie du tombeau de Lazare lié par des bandelettes qui fait plus penser à un mauvais film de série B qu’à un texte sacré. La seconde est l’attitude de Jésus décalée, dilettante, qui prend son temps alors que ses amis l’attendent, que son ami est en train de mourir. Une troisième difficulté s’ajoute quand Jésus semble vouloir instrumentaliser la maladie. Il dit par exemple : « Lazare est mort, je suis heureux de n’avoir pas été là. » Ou bien encore : « Cette maladie n’aboutit pas à la mort, elle sert la gloire de Dieu. »
Je voudrais montrer que cette attitude de Jésus, ce décalage, est volontaire et réfléchi et qu’il est la clé de récit qui veut nous aider, nous apprendre à choisir la vie. Jésus veut effectivement nous enseigner, même si c’est déroutant, que « la maladie n’aboutit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu. »
Qu’est-ce à dire ? La maladie peut conduire à la mort. La maladie de nos proches et leur mort peut nous fait sombrer. Et bien, il est possible de se décaler, il est possible de ne pas en rester à la maladie et à la mort. Il est possible de dire : « sors, viens dehors. » Telle est la gloire de Dieu que Jésus est venu manifester.
Pour nous le manifester, il se décale, il prend son temps jusqu’à être absent alors que ses amis espéraient sa présence. Il n’est finalement présent que 4 jours après la mort de Lazare. Mais par ce décalage, Jésus montre qu’il n’est pas prisonnier de la maladie et de la mort, qu’il est par-dessus tout attaché la vie.
Ce décalage lui vaut les reproches de Marthe. Nous pouvons alors constater qu’il n’y a chez Jésus aucun mépris de la réalité. Finalement, il est bien auprès de ses amis, il est saisi d’émotion, il pleure avec eux. Il sent la mort comme eux.
Mais, grâce à ce décalage, il peut dire d’une voix forte : « Lazare, sors, viens dehors. »
Et c’est ce que nous désirons tous profondément pouvoir dire : « Sors, viens dehors. » N’en reste pas là.
Jésus n’a rien ignoré de la réalité de notre humanité, de la maladie et de la mort qui nous touchent, qui nous affligent. Mais il a voulu nous apprendre à ne pas la subir, à nous en décaler pour faire le choix de la vie : « Sors, viens dehors. »
Restons bien chez nous mais nous pouvons intérieurement, en communion les uns avec les autres, nous exercer à ce mouvement, à cette sortie, à la vie.
Bon dimanche.
Bruno Millevoye

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