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Is 7, 10 -16 ; Rm 1, 1-7 ; Mt 1, 18-24

Homélie du 22 décembre 2019, 4ème dimanche de l’Avent année A
Chaque dimanche du temps de l’avent nous a proposé un passage du livre du prophète Isaïe. Avec lui, nous nous sommes préparés à l’idée que quelqu’un va venir et nous avons fait évoluer notre état d’esprit pour être dans de bonnes dispositions pour le recevoir.
Le passage de ce dimanche parle explicitement de ce fils qui va naître d’une vierge mais le contexte de cette annonce est polémique. Acaz, Roi de Juda et Isaïe s’affrontent sur des questions de politique internationale (avec qui faire alliance ?). Le prophète reproche au roi de fatiguer et Dieu et les hommes. La question de fond est celle de la justice : chacun revendique d’être juste.
Je n’ai pas pu m’empêcher de penser au conflit provoqué par le projet de réforme des retraites de notre gouvernement. Ici aussi, chacun revendique d’être juste. Alors posons-nous la question : qu’est-ce qui est juste, qu’est-ce que la justice ?
Le sujet est immense. Nous pouvons parler de la justice sur un plan philosophique, juridique, moral. La justice est une vertu dont chaque femme, chaque homme est sensé user. Même les enfants la revendiquent : « ce n’est pas juste. » Nous pouvons définir quelques principes, se risquer à une définition : un idéal d’égalité, de répartition équitable des biens, des droits… Cependant la justice ne prend véritablement son sens que lorsqu’elle se traduit de façon particulière. Par exemple, quel sera le montant de ma retraite ? Et pour nous chrétiens, ce n’est pas moins compliqué. En effet, que faisons-nous quand Jésus nous dit : « Si votre justice ne dépasse pas celle des scribes et des pharisiens… »
Il se trouve que Matthieu nous dit que Joseph était un homme juste. Alors à travers son attitude devant un grave sujet, essayons de repérer quelques principes qui pourraient nous aider à être des femmes et des hommes justes. J’en ai déterminé 5.
1) Le premier rend possible ce qui suit. Joseph ne se résout pas au mal, en l’occurrence celui qui aboutirait à la lapidation de sa fiancée. Sans ce principe, nous ne pouvons pas nous approcher de la justice.
2) Joseph cherche alors, sans la connaître vraiment, une solution. Il cherche, il imagine, il fait travailler sa tête. La justice est un travail.
3) Un ange lui apparaît et Joseph l’écoute. Il tient compte de ce qu’il lui dit. Sans écoute de l’autre, de son adversaire, il n’y a pas de solution possible. Vous me direz qu’il est plus facile d’écouter un ange que l’ensemble des représentant des syndicats français. Je n’en sais rien. L’écoute peut supposer de la méthode. Nous n’en manquons pas.
4/5) Les deux derniers principes se mêlent et n’ont pas d’ordre. Joseph fait confiance et passe à l’action. Il a pris une décision et pose un acte de confiance : « il prit chez lui son épouse. »
C’est ici que le signe dont parle le prophète Isaïe peut nous aider à prendre une décision et à passer à l’action avec confiance. Un signe qui indique un chemin, une possibilité…
Un autre extrait du livre du prophète Isaïe me permet de conclure cette réflexion dans la perspective de Noël.
Au chapitre 26, il est écrit : « 07 Il est droit, le chemin du juste ; toi qui es droit, tu aplanis le sentier du juste. » Cela veut dire que Dieu nous apprend à être juste. Il y a ensuite un appel à désirer les jugements du Seigneur et à nouveau : « Quand s’exercent tes jugements sur la terre, les habitants du monde apprennent la justice. »
Comment s’exercent les jugements de Dieu ? Par Jésus-Christ. Comment apprendre la véritable justice ? Par Jésus-Christ. Quel est en le signe : « vous trouverez un nouveau né dans une mangeoire. »

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