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chapitre 21 de Luc (21, 5-19 + 20-36)

Homélie de Bruno Millevoye du 17 novembre 2019, 33ème dimanche du temps ordinaire année C
Comme chaque année le temps se couvre et pas seulement dehors mais aussi dans les textes de la liturgie : « Des phénomènes effrayants surviendront et de grands signes venus du ciel. » …
Mon commentaire s’appuie sur l’ensemble du chapitre 21 de Luc (21, 5-19 + 20-36)
1. Pour commencer, une petite note historique. En 70 de notre ère, la ville de Jérusalem est ravagée par les armées romaines. La rédaction finale de l’Évangile se fait après cette date. Par conséquent, son auteur s’inspire de ce que Jésus a pu enseigner et de ce qu’il voit : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. »
2. Même si la vision est brutale, même si le parti pris est de ne montrer que ce qui est funeste et sombre, cette présentation ne fait que nous dire la réalité de notre monde comme de tous les mondes au cours des âges à savoir que :
Notre monde est fini. Il n’est pas éternel ; vouloir maîtriser le temps qui est l’expression de cette finitude est une illusion ; le mensonge prend dans le monde une place toujours trop importante, se nourrissant de la peur et provoquant conflits et drames ; la guerre est aujourd’hui une réalité actuelle en de nombreux endroits de la planète.
En passant, nous avons fêté le 11 novembre la fin d’un conflit meurtrier. Je veux dire merci à ceux qui ont rendu possible cet espace de paix qu’on appelle l’Europe, certes fragile, évidemment éphémère, certainement trop égoïste mais bien réel.
3. Devant ce constat, que fait-on ?
Nous pouvons nous jeter par la fenêtre. Nous pouvons nous installer dans une posture de désintérêt total, nous distraire, attendre que le temps passe et que la mort vienne. Ou bien, nous pouvons nous intéresser à l’affirmation de Jésus : « Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. » Face à la description du monde réel qui pourrait nous conduire à désespérer, Jésus nous enjoint de persévérer.
4. Que veut dire persévérer ?
Persévérer, c’est vivre au présent, c’est-à-dire aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’ignorer le passé, ni de ne pas préparer l’avenir mais de penser et d’agir aujourd’hui, selon notre compétence, notre vocation et nos forces du moment. Pourquoi le présent ? Parce que maintenant n’est pas fini, maintenant nous donne un peu de maîtrise de ce temps qui nous échappe.
Persévérer, c’est travailler à la vérité, dans tous les domaines. Le mensonge est une illusion, la vérité fait émerger la réalité. Le mensonge cache le monde réel pour apparaitre vrai mais il passera, malgré les désastres qu’il produit. La vérité ne passe pas. Elle peut être cachée, moquée mais elle ne passe pas. Si nous voulons durer, travaillons dans tous les domaines de l’existence à la vérité : le domaine social, les sciences, la vie en famille…
La persévérance nous met dans le monde réel, celui que nous devons apprendre à habiter. Elle renvoie à la fidélité. Elle peut sembler fastidieuse, répétitive. Elle est en réalité créatrice et donne à nos existences leur sens.
5 Où trouver la force de persévérer ?
Sur la conviction que nous sommes aimés, inconditionnellement : « Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. »
Et celui qui nous aime est présent. Il ne cesse de venir. Il est venu, il reviendra, il est là. Pensons à ces moments de notre prière liturgique où nous affirmons dans un échange : « le Seigneur soit avec vous : et avec votre esprit. »
Le prophète Malachie le dit également clairement : « Voici que vient le jour du Seigneur, brûlant comme la fournaise. » C’est cette fournaise qui est la source de l’amour inconditionnel de Dieu pour nous, c’est cet amour présent qui est la force de notre persévérance. C’est en persévérant que nous faisons l’expérience de l’amour qui ne finit pas.
Ainsi donc : persévérer parce que je suis aimé ; persévérer, c’est-à-dire aimer.
On peut alors se dire qu’il est peut-être raisonnable de passer un peu de temps à côté de cette fournaise en méditant ces mots de Jésus-Christ : « le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. » Lc21, 33

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