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Luc 18, 9-14

Homélie de Bruno Millevoye pour le 3 novembre 2019, 31ième dimanche du temps ordinaire
L’épisode se déroule à Jéricho. La ville se trouve au-dessous du niveau de la mer. Elle est la dernière étape avant que Jésus ne monte au sommet, à Jérusalem, pour y donner sa vie. La situation géographique est significative de ce passage du bas vers le haut, de la mort à la vie.
Avant cela, Jésus opère successivement deux guérisons. La première est exemplaire. Un aveugle fait une démarche explicite. Sa guérison est la conséquence de sa foi. La seconde est compliquée, sans véritable objet. Zachée ébauche un début d’intérêt conduit par la curiosité. Après avoir fait preuve de bonne volonté en donnant une partie de ses biens aux pauvres, il obtient le salut. Deux vies bien différentes sont transformées par Jésus-Christ comme si, avant d’accomplir l’acte qui allait transformer le monde, il nous donnait un dernier message : le salut que je suis venu apporter est accessible à tous, même aux gens ordinaires, pas forcément exemplaires : « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »
Arrêtons-nous un instant sur le mot salut. Il s’agit du passage de la mort à la vie mais comprenons-le également comme tous ces moments où nous passons par exemple de la tristesse à la joie, du découragement à l’action, de l’incompréhension à la compréhension, du manque d’amour à l’amour, etc.
Reprenons les étapes de cette rencontre entre Jésus et Zachée.
Le premier moment se passe dans un arbre où notre ami est monté. Nous pouvons le comprendre de deux façons différentes. Il est monté poussé par une bonne intention, parce qu’il a osé s’extraire de sa condition ou bien il est monté conduit par son désir de dominer, ce qu’il a fait tout sa vie et l’a rendu riche et mal-aimé. Monter : est-ce un acte de foi ou un péché ? Quoi qu’il en soit, Jésus lui demande de descendre pour aller demeurer chez lui parce qu’il a levé les yeux sur lui. Là est l’essentiel, avoir la conscience que Jésus nous regarde avec bienveillance.
Ce n’est pas le cas de la foule qui se scandalise que Jésus ait été reçu par Zachée. Le regard des autres peut être assassin tout autant que les regards que nous portons sur nous-même. Ce n’est ni la foule qu’il faut regarder, ni nous-même mais le Christ.
Zachée reçoit donc Jésus chez lui et cela le remplit de joie. Celle-ci n’est pas anecdotique. Peu avant, Jésus a encouragé un homme juste à vendre tous ces biens pour obtenir la vie éternelle. Celui-ci, incapable de réagir, est tombé dans la tristesse. Jésus est la source de la joie dans la mesure où nous le recevons et l’écoutons sans arrière-pensée, avec confiance et que nous faisons ce qu’il nous demande.
Sans attendre d’autres consignes, Zachée décide de vendre une partie de ses biens. Notez l’aspect calculateur : Zachée reste ce qu’il est mais au moins il ne se paie pas de mots. La conversion n’est pas une affaire de sentiments mais de geste concret, ici de monnaie. Par-là, il manifeste son repentir, son désir de vivre sa condition nouvelle en présence de Jésus qui est venue demeurer chez lui.
Tel est l’essentiel, que Jésus demeure chez nous ainsi le salut entrera dans notre maison.

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