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Luc 15, 1-10

24ième dimanche TO C 15 septembre 2019
Pour bien comprendre une personne, il faut se mettre à sa place alors je vous propose, pour une fois, de se mettre à la place des pharisiens et d’essayer de les comprendre.
Ces hommes ont horreur du péché… comme nous. Ils ont aussi horreur des pécheurs… comme nous peut-être. Par conséquent, ils ne comprennent pas que Jésus leur fasse « bon accueil. ». Ils le trouvent trop léger.
Mais qu’est-ce que le péché ?
C’est ici celui des publicains, amis de l’argent et collaborateurs des romains… Plus fondamentalement, le péché est ce qui nous sépare de Dieu et donc de la source de l’amour, de ce qui nous permet de vivre ensemble et d’être dans la joie.
Pour les pharisiens, le péché est devenu une obsession mais, toujours dans le but de les comprendre, qui cache un désir de vivre en relation avec Dieu, de vie bonne, juste, qui plaise à Dieu.
Dans un texte qu’on pouvait lire cette semaine dans la liturgie des heures, mon saint patron expliquait que pour s’élever, monter vers le bonheur, une vie juste, Dieu, il fallait se préparer « par les nombreux degrés des vertus. » mais que sans l’aide de Dieu, de sa grâce, nous étions incapables d’aller bien haut.
Les pharisiens sont du côté de la vertu et ils ont peut-être oublié la grâce.
Par trois paraboles, (je n’ai lu que les deux premières), Jésus veut leur enseigner une autre logique.
Au lieu d’aller du bas vers le haut, de grimper comme sur une échelle les degrés des vertus pour finalement s’épuiser en jugeant les autres, en désespérant de nous-même et en oubliant l’aide de Dieu, Jésus nous enseigne d’aller en haut tout de suite et d’y rester autant que nous pourrons.
Le haut c’est l’attention à l’autre qui est perdu. Le haut, c’est le désir que personne ne se perde. Le haut, c’est l’amour du prochain qui est l’amour de Dieu, l’amour par lequel Dieu nous aime.
Cette logique, cette manière de penser et d’agir, au lieu de diviser, rassemble et apporte la joie. Les deux paraboles insistent sur ce point : retrouver celui qui est perdu rassemble et provoque la joie.
Le raisonnement des pharisiens qui peut aussi être le nôtre est fondé sur la séparation provoquée par le péché. Mais en insistant sur cette séparation, ils augmentent la puissance du péché et vivent dans le ressentiment, l’aigreur qui est une conséquence du péché.
En entrant dans la logique de Jésus, en faisant bon accueil aux pécheurs, en allant vers eux, on rompt avec la logique du péché. Et on entre dans la logique de la miséricorde, de l’amour du prochain qui est l’amour de Dieu. Nous obtenons ce que nous désirons : proximité avec Dieu, communion et joie.
Cela suppose un a priori et un choix qui est à la fois un acte de foi et un acte de raison : considérer que nous sommes frères et sœurs et que nous avons comme vocation de vivre en communion.
Quelle mise en œuvre possible de cet enseignement ?
D’abord dans notre manière de juger, de regarder les autres.
Ensuite par toutes les situations où des personnes sont perdues et nous convaincre d’aller vers elles.
Dans une autre lecture de la semaine, saint Bernard explique ce qu’est la contemplation et parle aussi de degrés pour nous approcher de Dieu. Il explique que le premier degré de la contemplation, je cite : « c’est que sans cesse nous considérions ce que veut le Seigneur, ce qui lui plaît, ce qui lui est agréable. »
Ce qui est agréable à Dieu, c’est de faire bon accueil aux pécheurs, tel est l’enseignement de notre Seigneur Jésus-Christ.

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