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29ème dimanche ordinaire année B, Hébreux 4, 14-16 ; Marc 10, 35-45

Il y a presque un mois nous avons vu les disciples discuter entre eux pour savoir qui était le plus grand. C’était au chapitre 9 de l’évangile de Marc. Et là nous sommes au chapitre 10, et nous retrouvons Jacques et Jean qui veulent les meilleures places dans le Royaume de Dieu, alors que Jésus leur avait déjà dit lorsqu’ils se disputaient pour savoir qui était le plus grand : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Vouloir négocier les premières places dans le dos des copains, est-ce ça être le dernier et le serviteur de tous ? On serait donc tenté de se dire en écoutant cette page d’évangile que les disciples sont vraiment stupides, qu’ils n’ont rien compris, qu’ils sont lents à croire. Et ce premier point peut déjà nous rassurer puisque nous ne sommes pas bien différents. Voir les apôtres aussi bourrus et mal dégrossis que nous, ça peut nous ouvrir des perspectives quand nous avons tendance à nous dire que tout cela n’est pas pour nous, qu’on est vraiment trop loin de Jésus et de ce qu’il nous propose pour espérer avancer sur ce chemin. La lourdeur des apôtres nous dit que nos difficultés ne doivent pas nous arrêter sur le chemin à la suite de Jésus. C’est le premier point que je voulais souligner dans cette page d’évangile.
Le deuxième point vient confirmer le premier. C’est dans la lecture de l’épître aux hébreux : « nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché ». Si Jésus nous invite à le suivre, c’est parce qu’il nous rejoint là où nous en sommes, dans nos souffrances et nos faiblesses. Jésus ne nous appelle pas à le rejoindre depuis un endroit inaccessible au pied duquel nous nous tiendrions, désespérés, incapables de nous élever jusqu’à lui. Non, c’est lui qui descend jusqu’à nous pour nous inviter à le suivre. Le suivre parce qu’il nous rejoint sur notre chemin, qu’il vient nous prendre par la main pour nous entraîner à sa suite. Jésus n’est pas incapable de compatir à nos faiblesses. Il est le visage de la miséricorde du Père. La racine en hébreu du mot miséricorde est un mot qui signifie aussi l’utérus de la mère. Dieu se laisse toucher aux entrailles par notre souffrance et nos difficultés comme une mère pour ses enfants. Et Jésus est le visage de cela pour nous. « Avançons-nous donc avec assurance vers [Lui], comme dit l’épître aux hébreux que nous avons entendue, pour obtenir miséricorde et recevoir (…) la grâce de son secours ».
Alors et c’est le troisième point, nous pouvons peut-être sauver la demande des fils de Zébédée, Jacques et Jean : siéger l’un à la droite et l’autre à la gauche de Jésus, ce ne serait pas un désir de puissance, pour être à la première place, mais le désir d’être au plus près de Jésus, parce qu’en Lui l’amour de Dieu nous rejoint jusque dans les replis les plus inavouables, jusque dans les caves de notre être. C’est la prière que l’on dit parfois avant la communion : « que jamais je ne sois séparé de toi !» Et là, la réponse de Jésus est claire : si vous voulez être au plus près de moi, suivez-moi de près en prenant la dernière place, en vous mettant au service, c’est là que vous me trouverez, c’est là que vous serez unis à moi : pas d’abord dans les églises mais au plus près des plus pauvres : « Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous : car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude ».
Mais il y a une progression importante entre ces trois points, comme trois marches successives : Je ne peux pas suivre Jésus dans ce mouvement de service si je n’ai pas découvert qu’il me rejoint là où j’en suis et qu’il me révèle l’amour de Dieu pour moi jusque dans les coins reculés où je n’arrive pas à m’aimer moi-même. Alors seulement je peux faire une révolution dans ma vie, rejeter mes rêves de puissance, de richesse, et m’attacher à Lui. Je vous alors propose de réentendre chacun pour soi l’invitation de l’épître aux hébreux : « Avançons-nous donc avec assurance vers le Christ, pour obtenir miséricorde et recevoir la grâce de son secours »

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