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Évangile selon St Matthieu 15, 21-28

Est-ce que ça vous arrive d’être émerveillé et bousculé par la foi de certaines personnes ?
Moi : oui. Notamment des personnes en grande souffrance. J’ai le sentiment que leur foi est bien plus forte que la mienne. Sans le savoir, ces personnes me bousculent dans ma foi.

C’est ce qui arrive à Jésus dans ce récit ; grâce à une femme ; une cananéenne : donc, une étrangère pour Jésus ; une païenne : à priori, elle ne connaissait pas le Dieu de Jésus.

Avez-vous été surpris par la façon dont Jésus accueille cette femme?
Il ignore cette femme. Pas un mot quand elle lui parle de sa souffrance.
Il donne raison à ses disciples qui veulent se débarrasser d’elle.
Il la traite de « petit chien » ; c’est ainsi qu’on traitait les païens, avec un certain mépris.

Jésus avait-il une excuse ou une raison ?
Pour comprendre ce récit, il faut se rappeler que St Matthieu a écrit son évangile pour les chrétiens d’origine Juive. Il veux montrer que la mission de Jésus était en premier de réunir, d’unir ceux qu’il appelle « les brebis perdues d’Israël, ou les enfants » ? Les enfants de la Promesse, le peuple juif.
Alors que se passe-t-il pour que Jésus ne soit pas tout-à-fait le même à la fin ?
Entre cette femme et lui.
Pas de discussion sur leur origine, leur religion, la femme ne revendique aucun droit pour elle ; au contraire : elle reconnaît la foi du peuple juif dont elle ne fait pas partie ; elle parle même, avec humilité de « maîtres ».

Surtout, le dialogue entre eux concerne ce qu’il y a de plus essentiel dans la vie, ici :
la vie ou la mort d’un enfant,
Dieu lui-même ; pas la religion, mais : qui donc est Dieu !
Vendredi après-midi, j’ai lu ce texte avec un jeune adulte grand malade à l’hôpital psychiatrique du Vinatier.
Il m’a dit : « cette femme sentait ou savait au fond d’elle qui est Dieu, et Jésus ! Qu’il ne peut pas y avoir de limites à l’amour de Dieu ; qu’il y aura toujours des miettes d’amour… pour lui, malade, comme pour cette femme ».
J’entends souvent des personnes au Vinatier, à la prison à la paroisse, et ailleurs, me dire comme ça :
« C’est vrai, moi aussi Dieu m’aime comme je suis !
J’ai droit à l’Amour de Dieu ? »

On ne pourra jamais enfermer Dieu dans nos a priori, dans une religion.

Deux questions :
Quelle que soit votre vie passée, actuelle ou à venir, croyez-vous que vous aurez toujours des miettes de l’Amour de Dieu pour vous ?

Quel dialogue avons nous avec les personnes plus ou moins « étrangères » pour nous ? Si c’est un dialogue vrai, sur des choses essentielles, vitales comme la souffrance, le mal, la mort, la vie, l’amour, Dieu lui même, etc. Souvent, pas toujours, nous nous découvrirons mutuellement et en profondeur.

Père Yves LONGIN

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