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Vous connaissez cette chanson : « On ne dit jamais à ceux qu’on aime, qu’on les aime ».
Toi, Dieu, tu nous aimes ! Mais, nous dis-tu assez que tu nous aimes ? Seul chacun peut répondre.
Mais, aujourd’hui, en cette fête de la Trinité, Dieu nous dit son Amour unique, infini, Père-Fils et Esprit Saint.

Dans la 1ère lecture de l’Ancien Testament (Ex 34, 4b-6, 8-9), Dieu nous dit lui-même qui Il est : « Dieu, tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité ».
Déjà dans l’Ancien Testament, l’Amour d’un Dieu… Père. La tendresse… La miséricorde…
Parfois c’est lorsque nous ressentons en nous et pour nous la tendresse et la miséricorde de Dieu que nous prenons conscience à la fois de nos faiblesses, nos fragilités, nos manques ou même nos fautes graves et de ce qu’il y a de meilleur en nous, notre beauté intérieure, notre dignité, notre capacité d’aimer et que nous sommes quelqu’un d’aimable.

Comme aumônier de prison, il m’arrive de lire en cellule avec des personnes détenues, cette prière du psaume 50 : « Seigneur, tu veux au fond de moi la vérité ». Il est parfois impossible de faire toute la vérité en soi et dans sa vie, impossible de regarder cette vérité en face et de l’assumer, sans ce regard premier de Dieu-Père, tendre, miséricordieux, lent à la colère, …
Seigneur, tu ne nous diras jamais assez ta tendresse et ta miséricorde de Père !

Mais comment croire que Dieu est lent à la colère avec ces terroristes qui ont poignardé enfants, jeunes et adultes à Londres ou encore aux Philippines où il se passe des choses terribles.
Dans une réunion à la paroisse, mardi dernier, des personnes ont dit leur horreur, ne comprenant pas qu’on puisse en arriver à une telle barbarie, une telle cruauté, que des hommes soient capables de cela.
Ce qui nous inquiète encore plus, parfois, c’est que des personnes « ordinaires » », comme tout le monde, à la vie ordinaire, sans histoire, sont un jour capables du pire.
C’est ce qu’une philosophe, Hannah Arendt appelle « la banalité du mal ».

C’est justement là où il n’y a plus aucune raison d’espérer à cause de ce mal que Jésus-Christ nous apporte l’Espérance envers et contre tout. « Dieu a tant aimé le monde qu’Il a envoyé son Fils unique… non pas pour juger, condamner le monde, mais pour le sauver » (Evangile Jn 3, 16-18).
A la justice de juger et condamner sans faiblesse et avec justice. Mais le SALUT, l’Espérance, c’est le CHRIST !

Souvent, avec certaines personnes détenues en prison, j’ai pensé qu’elles sont, comme on dit, « irrécupérables ». Mais je crois à ce qu’a dit ce philosophe chrétien, Paul Ricœur : « Le mal en l’homme peut être radical et très profond en lui. Mais si les religions ont un sens, c’est d’aller chercher et de libérer le bien et la bonté là où ils sont : enfouis au plus profond de l’homme ».
Le fondement de cette espérance : c’est la Résurrection de Jésus, vainqueur du mal et de la mort.

Saint Paul, dans la seconde lecture (2 Cor 13, 11-13) nous dit : « Saluez-vous les uns les autres par un baiser de paix ».
St Bernard, parlant de la Trinité : « Je crois que le Père donne le baiser, que le Fils reçoit le baiser et que le baiser lui-même, c’est le Saint Esprit », l’amour entre le Père et le Fils et leur amour pour nous et entre nous.

Seigneur,
tu ne nous diras jamais assez ta tendresse de Père,
tu ne nous diras jamais assez que ton Fils Jésus est venu libérer le bien et la bonté enfouis en chacun de nous.
Et tu ne nous diras jamais assez ton « baiser de paix », nous invitant à des gestes de paix, en famille, en paroisse, au travail, en études, …

Père Yves Longin

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