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JEUDI SAINT :

Dans l’histoire de l’humanité comme dans notre vie personnelle, des personnes ont fait des gestes qu’on n’oubliera jamais. Comme le geste de Jésus, à genoux, lavant les pieds de ses disciples.
Un geste à la fois ordinaire et extraordinaire.

Un geste de SERVITEUR
Jésus, le Fils de Dieu, prend la place habituelle de l’esclave, un païen, qui lavait les pieds des gens de passage.
On comprend la réaction de Pierre qui ne comprend pas ! Alors qu’un jeune handicapé, lui, a tout compris :
« Jésus c’est le monde à l’envers et l’amour à l’endroit ».
Ce geste, c’est tout autre chose que rendre un service à quelqu’un. Il éclaire le sens que Jésus a choisi de donner librement et jusqu’au bout à toute sa vie :
« Je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir et donner ma vie pour la multitude ».
NOUS : quel est « le fil rouge », le sens que nous donnons à notre vie ? Avec bonheur !

Ce geste est aussi une marque de grand RESPECT,
qui honore la personne dont on lave les pieds. A l’époque de Jésus, un fils lavait volontiers les pieds de son père pour l’honorer ; comme le Pape François, l’an dernier, le Jeudi Saint, a honoré des prisonniers en leur lavant les pieds à la prison de Rome ; c’est lui qui était à genoux devant eux. Quel honneur pour eux ! Un geste qu’ils n’oublieront peut-être jamais.
Ca va loin.
Un religieux du 16ème siècle, d’origine espagnole, St-Jean de Dieu, qui a consacré sa vie aux malades, notamment aux personnes ayant une maladie mentale, a dit : « mes mains n’ont jamais consacré le pain et le vin. Mais elles ont uni le ciel et la terre, Dieu et l’homme, quand j’ai serré des mourants contre mon cœur. Le lit du malade, c’est l’autel de l’église ; et le malade, c’est Jésus. »
L’eucharistie : sacrement de la fraternité.
NOUS :
On a aussi besoin de ces gestes de respect, d’attention, de délicatesse, de fraternité ; et nous sommes les mains de Dieu pour les autres.

Ce geste du lavement des pieds est un geste EUCHARISTIQUE :
Jésus commence par déposer son vêtement.
Le lendemain, il sera dépouillé de ses vêtements avant de déposer sa vie, remettre sa vie.
« Le Christ Jésus, de condition divine (…) s’est dépouillé en prenant la condition de serviteur… Il s’est abaissé jusqu’à mourir sur la croix » St-Paul, lettre aux Philippiens.
Aujourd’hui nous laver les pieds les uns aux autres comme Jésus l’a fait et faire mémoire de lui dans l’Eucharistie, c’est la même chose.
C’est nous compromettre avec lui, « déposer nos vêtements », nous dépouiller d’une part de nous-même pour vivre toute une vie de service, de respect infini des autres, en 1er des plus souffrants. Une vie de fraternité. Du Bonheur.
Un peu comme cette jeune femme juive, Etty HILLESUM, morte en camp de concentration où, jusqu’à sa mort, elle a aidé les autres à vivre et à … mourir.
« J’ai rompu mon corps comme le pain et je l’ai partagé entre les hommes ».
Jésus : « Ceci est mon corps livré pour vous ».
Nous aussi : que d’amour nous avons à « rompre », à partager avec les autres et que d’amour nous avons à recevoir des autres !
C’est pour cela que l’Eucharistie est UNE ACTION DE GRÂCE, un émerveillement. Emerveillement parce que le Christ… c’est le Christ ! Quelle vie ! Emerveillement pour tant de partage de vie avec les autres.
Seigneur notre Dieu, je te rends grâce pour le Christ et je t’offre tout ce que je peux donner et tout ce que je reçois.

Père Yves LONGIN

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