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Evangile de Saint-Matthieu (4, 1-11) - la tentation de Jésus dans le désert.

Il y a quelques jours, un jeune couple de la paroisse m'a demandé:
"Toi, comment tu fais le carême ?"
Bonne question que je vous renvoie.
Je vous propose quatre choses pour ce carême. Mais vous êtes libres de faire autrement et de m'aider, moi, à vivre le carême.

"Je vais te conduire au désert et parler à ton cœur", dit Osée, un prophète de l'Ancien testament.
Je vais te conduire au désert.
Le désert ? Pas besoin d'aller au Sahara ! On peut y aller chez nous, ici, au fond de nous, dans notre jardin intérieur.
Aller au désert,
c'est prendre le temps pour s'arrêter réellement, être seul, en silence, un vrai silence.
Être seul avec soi-même, face à soi-même.
Oser regarder en face où j'en suis avec moi-même et ma vie.
Ça peut être difficile, décapant, mais, on ne peut pas tricher avec soi-même; encore moins avec Dieu.
Ne fuyons pas le silence en cherchant des occupations.
Ces moments de désert, de silence nous rendent plus forts intérieurement.
Une chose est sûre : Dieu silence nous attend et nous parle dans notre silence.
C'est la première chose.

"Te conduire au désert et parler à ton cœur"
Parler à mon cœur ? Mais pour me dire quoi ?
"Tu ne vis pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu", nous dit Jésus.
C'est la deuxième chose.

Aujourd'hui ou demain, pas dans 39 jours : choisissez dans un psaume ou dans l'évangile, une parole, une seule, très courte, mais qui vous parle et vous touche.

Et puis, très souvent, chaque jour, même en voiture, dans le métro, en marchant, répétez cette parole en silence, ruminez-la, faites-la descendre dans votre cœur.
C'est ce qu'on appelle "la prière du cœur" qui vient des moines du désert.
Vous verrez : cette parole fera "quelque chose" en vous, vous unira à Dieu.
Choisissez une parole et, si vous le voulez, parlez-en en couple, en famille, en communauté, avec des paroissiens ou d'autres personnes.
Comme ça, pendant le Carême, nous pourrons nous soutenir ensemble en nous disant: "dans la paroisse, beaucoup de personnes font comme moi, comme nous; elles ruminent une parole de Dieu; elle prient; on prie ensemble.

La troisième chose ? Partager; le partage.
Dans l'évangile, le diable propose à Jésus que Dieu lui envoie des anges pour le porter; c'est la tentation de la gloire, de briller devant les autres.
En fait, qui d'entre nous n'a jamais ressenti le besoin légitime d'être reconnu et apprécié des autres ? Et le besoin légitime de réussir les choses dans sa vie ?
Le problème : c'est quand on a envie de se mettre en avant en faisant de l'ombre aux autres. Contre cet orgueil qui apporte une satisfaction bien dérisoire : un remède, le partage.

Partager notre temps, nos dons, nos ressources financières et matérielles pour qu'il y ait plus de chaleur humaine, de solidarité, de justice. C'est à cela que nous appelle le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (le C.C.F.D.) , avec les évêques de France, quelqu'un l'avait dit très clairement; c'est Gandhi :
"Vivons plus simplement pour que d'autres puissent simplement vivre".
Cette parole est vraie seulement si on la vit.

La quatrième chose, c'est toi Jésus qui nous dit :
"tu rendras un culte à Dieu seul".

Dieu silence, je vais te rencontrer, te prier, dans mon jardin intérieur, dans mon désert.
Je parlerai avec toi de cette parole que j'ai choisie et je t'offrirai tous les gestes de partage.
Et toi tu me parleras.

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