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4ème dimanche du temps ordinaire
« Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés » (Matthieu 5,5)

Vous oseriez dire cela à une maman et un papa dont l’enfant est mort ?
Et à des personnes qui ont presque tout perdu : une partie de leur famille, leur maison, leurs racines... dans un tremblement de terre ou la guerre ?
Et à une personne qui pleure vraiment quand elle réalise l’extrême gravité de sa maladie ou de son handicap accidentel ?
On aurait plutôt envie de pleurer avec eux.
Et nous : quand un malheur nous tombe dessus : on aimerait qu’on nous dise : « Heureux ceux qui pleurent » ?
C’est peut-être la béatitude la plus difficile à entendre.
Mais, Jésus connaissait par cœur ce que le prophète Isaïe avait dit bien avant lui : « L’Esprit du Seigneur m’a envoyé réconforter et consoler ceux qui pleurent, qui sont dans le deuil, qui souffrent... » ; et il l’a repris pour lui.
« Jésus n’est pas venu supprimer la souffrance ; il est venu l’habiter par sa présence ». Paul Claudel.
Présence de Jésus et notre présence avec ceux qui souffrent.
Ce soir, je pense à beaucoup de personnes, des visages.
Des personnes qui souffrent, sont constamment inquiètes car quelqu’un de très proche ne va pas bien, physiquement ou moralement, psychologiquement.
Leur bonheur-consolation : j’ose le dire, car c’est très souvent la vérité : c’est leur affection pour lui et son affection pour elles.
Et puis, des personnes ravagées intérieurement par la maladie ou le désespoir, ou les deux.
Leur bonheur-consolation, c’est la tendresse de quelqu’un qui leur tient la main, caresse leur visage, les embrasse ; être là, à côté d’elles, sans dire des mots inutiles.
Et la foi en Dieu, comme une jeune de 20 ans (pas d’ici...) disant dans sa prière :
« Quand le désespoir m’envahit, quand je suis au bord du gouffre, quand mes yeux sont remplis de larmes, je crie, je crie vers toi, Jésus, et tu me tends la main en me disant : « ne crains pas, je t’aime ».
Alors doucement, la joie s’installe en moi ».
Je vois aussi le visage de personnes qui pleurent parce qu’elles arrivent enfin à parler de leur vie, de leur passé avec des blessures très profondes, des fardeaux très lourds ; parfois : des fautes très graves qu’elles ont commises.
Leur consolation : être libérées de ce poids qui les empêchait plus ou moins de vivre ; découvrir ou re-découvrir l’amour vrai qu’elles ont en elles ; et la joie du pardon de Dieu qui nous aime comme on est.
C’est comme cette femme, dans l’évangile, qui pleure sur les pieds de Jésus ; vous vous rappelez : on l’appelait « la femme pécheresse ».
Enfin, il y a eu 10 ans le 22 janvier que l’Abbé Pierre est mort ; un jour, un homme désespéré, Georges, voulant se suicider, est venu demander de l’aide à l’Abbé Pierre qui lui a simplement répondu : « Je ne peux rien faire pour toi. Mais si tu veux, viens m’aider à aider les autres ».
C’est ce qu’il a fait et ce qui l’a sauvé.
Le bonheur-consolation : découvrir dans notre malheur : l’amour et la solidarité dont on est capable.
Nous, on est un jour ou l’autre quelqu’un qui est accablé par la souffrance et quelqu’un qui « console » les autres.
Nous ne pouvons pas supprimer la souffrance des autres, mais nous pouvons l’habiter par notre présence.

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